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Mot du Président






L’organisation du deuxième carrefour international de la mutualité tenu le 4 avril 2013 à Rabat sous le haut patronage de sa majesté le Roi Mohammed VI 
que dieu le glorifie ,autour du thématique « le Rôle des mutuelles dans le développement de l’économie sociale et solidaire , a  été effectivement un moment fort qui a permis de réunir tous les acteurs de la prévoyance sociale au niveau  national et international, Fort parce qu’en ces temps de crises, des remises en question des systèmes de santé et des débats sur l’équité, l’exhaustivité, l’universalité et la pérennité des soins de santé, les systèmes de couverture médicale  doivent rapprocher leurs composantes pour une meilleure allocation des ressources et un panier de prestations décent permettant de couvrir les risques de pauvreté et d’exclusion sociale auxquels demeurent exposés les individus.




Ce choix découle de notre volonté commune de rechercher les mécanismes qui permettent au mouvement mutualiste de s’ancrer d’avantage dans les systèmes qui permettent à nos sociétés de s’immuniser contre les avatars d’une mondialisation rampante qui, une fois n’est pas maîtrisée, risque de laisser pour compte des pans entiers de nos sociétés.

Nos travaux et réflexions au sein de ce forum ont permis non seulement d’ identifier les larges possibilités offertes au mouvement mutualiste africain mais aussi de contribuer au développement de l’économie sociale et solidaire et d’examiner les perspectives de développement des synergies orientées vers des valeurs cardinales qui fondent notre action à partir de nos engagements citoyens.

Nous évoluons dans un environnement de crise. Une crise économique, politique, sanitaire, environnementale et énergétique et nous assistons, également, à des mouvements marqués par :

  • Un premier défi qui se rapporte à la transition démographique et épidémiologique que fera peser sur les systèmes de santé, les organismes gestionnaires des assurances maladie obligatoires et complémentaires et les mutuelles des contraintes liées à la solidarité, à l’équité et à l’égalité dans l’accès aux soins de santé.
  • Un second défi qui consiste à accélérer le processus de généralisation de la couverture médicale de base, surtout après l’adoption du Socle de protection sociale par l’Organisation Internationale du travail (OIT) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui est soutenue par 19 agences onusiennes et d’autres partenaires tels les banques de développement, les organisations bilatérales et les ONG.
  • Un troisième défi qui a trait à l’absence d’appuis juridiques aux mutuelles africaines pour développer et améliorer leurs prestations, drainer davantage d’adhérents et affronter les difficultés de financement et de gestion.

Notre devoir est d’aider ces mutuelles, en partenariat avec l’Association Internationale de la Mutualité et les organismes internationaux ayant des objectifs similaires à ceux de l’Union africaine de la Mutualité. Ce sont ces mutuelles qui, partout dans le monde et spécialement en Afrique, assurent la cohésion sociale, préparent les transitions vers l’Assurance Maladie, comblent les déficits en matière d’encadrement sanitaire, assurent la proximité, le conseil, la prévention, les soins et bien sûr les soins de santé ambulatoires ou lourdes.

Le Maroc a connu sa première expérience mutualiste en 1919, date de création de la première mutuelle. Une autre date phare est celle de la création d’une Fédération des mutuelles en 1950, appelée la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance sociale.

Au Maroc L’amélioration et l’extension de la couverture médicale constitue l’un des piliers du développement humain et social prôné par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'Assiste.

 

A cet effet, deux régimes de la couverture médicale de base ont été créés. Il s'agit de l'Assurance Maladie Obligatoire de base (AMO) et le Régime d'Assistance Médicale (RAMED). Le premier est fondé sur les principes et les techniques de l’assurance sociale au profit des personnes exerçant une activité lucrative. Le deuxième, RAMED, est fondé sur les principes de l'assistance  sociale  et  de  la  solidarité  nationale au profit des démunis.

Avec le commencement de l'AMO en 2005, la mise en place du RAMED en 2011, précédée par une expérience pilote lancée en 2008 à la région de Tadla Azilal,

à une population économiquement démunie de bénéficier d'une couverture médicale de base qui offrira ainsi la gratuité des soins et prestations médicalement disponibles dans les hôpitaux publics, les centres de santé et les services sanitaires relevant de l’Etat aussi bien en cas d’urgence ou lors de l'hospitalisation.

L’expérience marocaine en est un exemple en couverture médicale  bâti à l’origine sur les principes de la mutualité. Est consolidé par l’entrée en vigueur de la loi 65-00 portant  le code de la couverture médicale de base constitue une phase charnière marquant la transition d’une logique de couverture maladie facultative à une couverture médicale de base, articulée autour d’une assurance maladie obligatoire au profit des salariés des secteurs public et privé, qui a porté le nombre des bénéficiaires de 1.5 millions de personnes à 5 millions de personnes actuellement.

Par ailleurs, les gouvernements marocains qui se sont succédés, à partir de 2002, ont élaboré une stratégie pour réformer le secteur mutualiste fondée sur un projet de loi portant code de la Mutualité qui sera étudié lors de la session du printemps par le Parlement.

Ce projet de loi vise à mettre à niveau le secteur, à revoir ses textes juridiques et réglementaires pour permettre aux mutuelles de jouer le rôle qui leur échoit à travers la mise en place des pré-requis en matière de bonne gouvernance, de qualité de services aux adhérentes, tout en veillant sur la pérennité du secteur mutualiste à travers un contrôle régulier et constructif.

 

 

Abdelmoula ABDELMOUMNI

 Président de l’Union Africaine de la Mutualité

 

 

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